L’enquête de France Travail, réalisée auprès de près de 1,8 million d’établissements à la fin de l’année 2025, fait apparaître une tendance préoccupante. Selon les données recueillies, les intentions de recrutement des entreprises en 2026 diminuent de 6,5 % par rapport à 2025. Le nombre de projets de recrutement atteint 2,27 millions, soit le plus bas niveau depuis 2018. À titre de comparaison, l’année record 2023 en comptait 3,04 millions. L’enquête a été réalisée avant le début de la guerre au Moyen-Orient et la flambée des prix des hydrocarbures.

La direction de France Travail lie cette baisse à un manque de confiance et de visibilité dans l’avenir : il est difficile pour les chefs d’entreprise de se projeter. Néanmoins, le niveau actuel reste équivalent à celui de 2018, qui était assez dynamique. La baisse concerne tous les secteurs d’activité, mais les plus fortes baisses sont enregistrées dans le numérique et les télécommunications (–25 %), la construction (–16 %) et les services aux entreprises (–10 %). En revanche, la santé résiste mieux avec une hausse de 0,8 %, et l’industrie limite son recul à –2 %.

S’agissant des motifs, le surcroît d’activité ponctuel reste de loin le premier motif de recrutement (41 %). Vient ensuite le remplacement des départs définitifs de salariés (retraite, etc.) à 26 %. Dans 22 % des cas, les embauches répondent au besoin d’une nouvelle activité, et dans 11 % à un remplacement suite à des absences ponctuelles de salariés (maladie, maternité…).

La structure des contrats évolue nettement : la part des intentions de recrutement en CDI tombe de 44 % à 41 %, celle des CDD de 6 mois ou plus diminue également, de 19,5 % à 17 %, tandis que la part des contrats de moins de six mois progresse de 37 % à 42 %. Au total, la proportion d’établissements prévoyant de recruter en 2026 se contracte légèrement, passant de 24 % à 23 %.

Fait intéressant, les difficultés à recruter semblent se résorber : la proportion de projets d’embauche jugés difficiles diminue de 6 points par rapport à 2025, à 44 %. L’exception concerne les activités immobilières (+1,7 point). Les baisses des difficultés sont particulièrement fortes dans les activités financières et l’assurance, dans le caoutchouc, plastique et minéraux non métalliques, ainsi que dans les industries extractives, énergie et gestion des déchets.

La tendance la plus marquée est la forte demande pour les métiers saisonniers. Ainsi, sur les 97 100 projets de recrutement d’aides de cuisine et d’employés polyvalents de la restauration, près de 40 % sont saisonniers. Les serveurs sont recherchés par 93 800 employeurs, dont deux tiers pour des postes saisonniers. Enfin, parmi les 83 800 viticulteurs et arboriculteurs recherchés, la part des saisonniers atteint 95 %.

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