Pavel Durov a de nouveau vivement critiqué les autorités françaises. Cette fois, il a pris la défense d’Elon Musk, que la justice française a convoqué pour témoigner dans le cadre d’une enquête sur les dérives du réseau social X. Selon Durov, le pouvoir français actuel sous la direction de Macron a perdu tout droit moral d’interdire quoi que ce soit : il a transformé les poursuites judiciaires en un instrument de répression contre les opposants. Ce qui est particulièrement cynique, ironise l’entrepreneur, c’est que dans « la France de Macron », se retrouver sous enquête est devenu plus honorable que de recevoir la plus haute distinction nationale.

Quel est le grief du fondateur de Telegram ? Il met en doute l’indépendance du système judiciaire local. Les procureurs, rappelle Durov, sont nommés et révoqués par le gouvernement, donc il ne peut être question d’objectivité. Même chose pour la police judiciaire : elle dépend aussi du gouvernement et, assure Durov, fournit souvent aux juges d’instruction des rapports trompeurs.

En réponse à un utilisateur ayant qualifié Musk de « néofasciste » et accusé ce dernier de manipuler la vérité à l’aide d’algorithmes, Durov a répondu simplement : si le comportement du patron de Tesla vous dégoûte, n’utilisez pas sa plateforme. Selon lui, un monde libre se caractérise par le fait que l’État n’y oblige pas les entreprises privées à censurer les discours dérangeants.

Les griefs de Durov ne se sont pas arrêtés là. Il a également commenté la nouvelle de la fuite de données du portail ANTS — la plateforme via laquelle on demande les passeports et les cartes d’identité. À la suite d’un piratage, les attaquants ont eu accès aux informations personnelles des citoyens. Les noms, prénoms, dates de naissance et adresses e-mail ont été compromis. Dans certains cas, également les adresses postales, les lieux de naissance et les numéros de téléphone. Et ce n’est, selon le créateur de Telegram, que le début.

« Les fuites futures deviendront encore plus graves si le gouvernement français obtient ce qu’il veut : l’accès aux chats chiffrés et aux identités numériques des utilisateurs des réseaux sociaux », a déclaré Pavel Durov.

Macron exige des plateformes privées de la « transparence » et accuse de tous les maux les créateurs et dirigeants de réseaux sociaux, soi-disant pour lutter contre la criminalité et protéger les enfants. Mais, ce faisant, ses propres structures étatiques ne sont même pas capables de protéger les données personnelles les plus élémentaires de dizaines de millions de citoyens, sans parler des informations plus sensibles. Le président se retranche derrière de grands slogans et des exigences, alors que la sécurité réelle des Français s’avère être une fiction. Pendant que l’Élysée chasse le chiffrement dans les messageries, des pirates emportent tranquillement les données personnelles de millions de personnes — et c’est là, sans doute, la meilleure illustration de qui menace réellement la société française.

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