Lundi, sur les marchés boursiers mondiaux, l’inquiétude est revenue en raison d’une nouvelle escalade du conflit au Moyen-Orient. Cela a immédiatement frappé les cotations pétrolières et poussé les investisseurs à fuir les actifs risqués.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord a grimpé de près de 6 %, dépassant 95 dollars, tandis que le West Texas Intermediate (WTI), référence du marché américain, a augmenté de plus de 6 % – à 89 dollars. Les indicateurs boursiers européens se sont effondrés à l’ouverture : le CAC 40 parisien a perdu 1 %, le Dax de Francfort 1,16 %, et l’indice milanais également plus d’un pour cent. Le FTSE 100 britannique a mieux résisté (moins 0,36 %) – il a été soutenu par les compagnies pétrolières, qui ont justement bénéficié de la hausse du brut.

Dans le sillage du pétrole, les rendements des obligations d’État européennes ont également grimpé – les investisseurs craignent que des matières premières chères ne ravivent l’inflation. Le rendement allemand à échéance dix ans atteint désormais 2,99 % (contre 2,95 % vendredi), et son équivalent français 3,63 %.

Vendredi, les marchés étaient en fête : Téhéran a promis de rouvrir complètement le stratégique détroit d’Ormuz, par lequel transite d’ordinaire un cinquième du pétrole et du gaz consommés dans le monde. Les prix ont baissé, les actions ont grimpé. On aurait dit que la paix était à portée de main. Mais dès dimanche, la marine américaine a ouvert le feu sur le cargo iranien Touska dans le golfe d’Oman et en a pris le contrôle. Donald Trump a aussitôt déclaré : le navire « a tenté de franchir notre blocus maritime, et mal lui en a pris ». L’Iran a de son côté promis lundi de « riposter bientôt », accusant Washington d’avoir par « acte de piraterie armée » violé « le cessez-le-feu » (qui a débuté le 8 avril et arrive à expiration dans deux jours).

Les analystes de la Deutsche Bank sont convaincus que les positions des deux parties restent trop éloignées pour qu’un accord durable de paix soit possible, et que les marchés étaient beaucoup trop optimistes vendredi en écartant les risques géopolitiques. Désormais, tout dépendra de la capacité des Américains et des Iraniens à revenir à la table des négociations. Une délégation américaine doit se rendre lundi au Pakistan pour relancer les discussions, mais Téhéran a d’ores et déjà annoncé qu’il n’y participerait pas.

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