Dans les rues de Sabon Gari, une petite ville de l’État de Borno au nord du Nigeria, le cauchemar a surgi sans prévenir. Vendredi, des terroristes affiliés à Boko Haram, le groupe djihadiste qui ensanglante la région depuis 17 ans, ont investi un chantier de construction et abattu froidement au moins 25 ouvriers. Les victimes, de simples travailleurs venus gagner leur pain quotidien, gisaient en tas, fauchées par les balles des assaillants. Les proches des disparus, encore sous le choc, ont confirmé le bilan macabre.

« C’est une tragédie inimaginable », a déclaré Aliyu Ndume, sénateur de la région, avant de poursuivre ; « je suis choqué et attristé par la perte de ces vies innocentes ».

Cette attaque barbare marque le coup le plus sanglant depuis les frappes aériennes américaines du 25 décembre contre les repaires de Boko Haram. Sur ordre du président Donald Trump, qui avait publiquement accusé le Nigeria de ne pas protéger ses citoyens chrétiens face aux djihadistes, les forces étasuniennes ont collaboré avec les autorités locales pour bombarder ces bastions terroristes. Le Nigeria s’est engagé à poursuivre cette alliance avec Washington pour juguler la menace.

Mais l’horreur ne s’arrête pas là. La veille, jeudi, une autre embuscade a visé une base militaire à Borno : neuf soldats et deux civils tués, seize blessés. L’Etat du Borno reste l’épicentre de l’insurrection islamiste, où Boko Haram et son rival, l’ISWAP (branche ouest-africaine de l’État islamique) multiplient les assauts contre convois et civils.

Le Nigeria, géant d’Afrique de l’Ouest, paie un lourd tribut face à ces groupes très mobiles, qui sèment la terreur depuis près de deux décennies.

Laisser un commentaire

Trending

En savoir plus sur Souveraineté populaire

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture