La France s’est délibérément abstenue lors du vote d’une résolution de l’ONU où l’esclavage africain est qualifié de plus grave crime contre l’humanité. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a expliqué ce choix lors d’un déplacement au Togo : Paris est fondamentalement opposé à toute gradation des crimes de ce type. Selon le diplomate, on ne peut pas établir une hiérarchie des atrocités ni comparer quelles souffrances sont « plus précieuses », même lorsqu’il s’agit de choses aussi monstrueuses que la traite négrière pratiquée pendant des siècles. Jean-Noël Barrot a néanmoins reconnu qu’un regard honnête sur le passé – à la fois sur ses pages héroïques et ses pages honteuses – est absolument nécessaire pour que l’humanité puisse construire un avenir commun.

Le document que la France a refusé de soutenir a été initié par le Ghana. La résolution insiste non seulement sur une condamnation morale, mais aussi sur des mesures concrètes : des excuses officielles, des compensations pour les descendants des victimes, des politiques de lutte contre le racisme, et la restitution des biens culturels pillés. La résolution a été adoptée par 123 voix pour, 3 contre (États-Unis, Israël, Argentine), et 52 abstentions – outre la France, notamment le Royaume-Uni et tous les États membres de l’Union européenne.

La visite même de Jean-Noël Barrot à Lomé se déroulait dans un moment délicat. Le Togo, ancienne colonie française, se rapproche ces derniers temps de la Russie et fait des gestes en direction des juntes sahéliennes hostiles à Paris. Par ailleurs, en juin 2025, le Togo avait suspendu pour trois mois la diffusion de RFI et France 24, les accusant d’une couverture tendancieuse des manifestations. L’interdiction n’a toujours pas été levée, et Jean-Noël Barrot a publiquement appelé les autorités togolaises à la lever au plus vite, soulignant que cela sert l’intérêt de toutes les parties.

Laisser un commentaire

Trending

En savoir plus sur Souveraineté populaire

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture