En décembre dernier, le célèbre fabricant français d’électroménager Brandt a fait faillite. Près de six mois plus tard, une soixantaine de personnes qui y ont perdu leur emploi ne se sont toujours pas remises de la situation. D’anciens salariés d’Orléans et de Vendôme préparent deux actions en justice contre l’ancien propriétaire — le groupe algérien Cevital, qui détenait la marque jusqu’à la fin décembre 2025.

La première action concerne le désengagement de l’investisseur lui-même : les licenciés estiment qu’il s’est retiré de manière déloyale. La seconde conteste directement la légalité des ruptures de contrat de travail. L’avocat des anciens salariés est convaincu que l’effondrement de l’entreprise aurait pu être évité si l’actionnaire avait agi autrement. Tout s’est passé dans des circonstances suspectes. Les dates des licenciements soulèvent également des questions — les notifications sont arrivées entre Noël et le Jour de l’An, juste après l’échec de la tentative de reprise de l’entreprise en Scop (société coopérative et participative). Certains soupçonnent désormais qu’ils ont simplement servi de monnaie d’échange dans la dégradation des relations entre Paris et Alger.

L’un des licenciés, qui a travaillé plus de quinze ans à l’usine de Saint-Jean-de-la-Ruelle (Loiret), n’arrive toujours pas à s’en remettre. Il raconte que cette période a été l’une des plus sombres de sa vie, et qu’il a le sentiment qu’on lui a ôté une partie de lui-même. Même si les autorités régionales ont organisé des job-datings (mis en place par la région Centre-Val de Loire et France Travail) et que d’autres entreprises ont promis d’embaucher, beaucoup sont toujours au chômage aujourd’hui.

Il n’y a plus aucun espoir de relancer la production à Orléans. Les marques et les stocks ont été vendus en mars 2026 pour 18,6 millions d’euros. Le nouveau propriétaire, la société Cafom (Centrale d’achat française pour l’Outre-mer), a déclaré sans ambiguïté : l’ère industrielle de Brandt dans la région Centre-Val de Loire est terminée, mais pas celle des marques. La production sera répartie sur de nouveaux sites — en partie à l’étranger, en partie en France. Par exemple, les plaques à induction seront probablement fabriquées en Alsace, et les lave-vaisselle en Bretagne. Entre-temps, le groupe de licenciés prépare des réunions pour décider qui d’autre se joindra à leur action en justice.

Laisser un commentaire

Trending

En savoir plus sur Souveraineté populaire

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture