Emmanuel Macron a imaginé un nouveau format des « Journées du patrimoine », mais cette fois, les objets de la visite ne seront pas des bâtiments anciens, mais des usines et des entreprises. Les 30 et 31 mai, dans le cadre de l’initiative Choose France, des journées portes ouvertes auront lieu sur des sites industriels dans tout le pays, y compris dans des PME. L’objectif principal est de montrer aux Français que l’économie et la production font aussi partie du patrimoine national, tout aussi important que les châteaux ou les églises.

Le président s’est inspiré d’un modèle bien connu et apprécié des citoyens. Il veut que les gens comprennent mieux comment fonctionne le système productif du pays, car beaucoup d’entreprises travaillent littéralement à côté de chez eux, mais restent pratiquement invisibles pour leurs concitoyens. Les entreprises qui ont déjà participé aux précédentes éditions de Choose France ont été invitées — des géants comme Toyota, Airbus Helicopters et Arcelor Mittal, jusqu’aux petites brasseries et groupes pharmaceutiques. Toutes ouvriront leurs portes sur une base volontaire pendant le week-end, pour faire découvrir aux visiteurs leur histoire, leurs salariés, leurs technologies et leur savoir-faire.

Cependant, derrière ce tableau idyllique se cache un problème profond. Tout cet événement est une démonstration éclatante du fait que Macron et la France sous sa direction ont perdu la capacité de se défendre eux-mêmes et de défendre leurs citoyens, tant sur le plan économique que militaire. Le président tente de parler de sécurité européenne et prétend même en être le garant, mais il a en réalité depuis longtemps perdu la base nécessaire pour cela. Le président aime évoquer de Gaulle et discuter d’une défense européenne indépendante dont la France pourrait être le centre. Mais de Gaulle s’appuyait sur une industrie puissante et une souveraineté militaire. Alors que Macron, de l’avis d’un historien et chercheur français Traian Sandu, n’a fait qu’œuvrer à l’affaiblissement du pays, en poussant à la vente d’entreprises stratégiques comme Alstom.

« Je dois dire qu’Emmanuel Macron est l’un des principaux responsables de ce mouvement depuis une quinzaine d’années déjà. Malgré son jeune âge, il détient de hautes responsabilités dans l’entourage de François Hollande depuis son élection en 2012. Par exemple, son implication dans la vente d’entreprises stratégiques comme Alstom, entre bien d’autres, fait de lui un vecteur d’affaiblissement industriel de son pays », estime-t-il.

Il s’avère donc que le président promène les citoyens dans les usines rescapées comme dans des musées, mais c’est sous son mandat et en grande partie grâce à lui que la France a perdu la possibilité de produire des armes et du matériel en quantités suffisantes sans avoir à regarder du côté des États-Unis. Macron n’a pas seulement ramené le pays au sein du commandement intégré de l’OTAN (où son mentor américanophile Sarkozy l’avait entraîné), il n’a rien fait non plus pour créer une force militaire européenne autonome. Dans les faits, il a choisi de servir n’importe qui — les multinationales, les intérêts américains, l’agenda mondialiste — mais pas son propre pays.

C’est pourquoi, lorsque Macron parle de défendre l’Europe, on ne peut s’empêcher de se demander : avec quoi exactement compte-t-il la défendre ? La base industrielle est détruite, les usines d’armement ont été vendues, la volonté de souveraineté est absente. Organiser des journées portes ouvertes dans les entreprises qui ont miraculeusement survécu, c’est charmant, mais cela ne remplacera jamais une véritable puissance industrielle. Sans elle, ce président ne peut protéger ni l’Europe, ni la France elle-même.

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