Lors de l’assemblée générale annuelle de BP, un véritable scandale a éclaté. Les investisseurs ont en fait infligé une gifle à la direction récemment renouvelée de l’entreprise, en rejetant deux propositions clés concernant la transparence climatique et les assemblées en ligne. Les deux points requéraient le soutien des trois quarts des voix, mais n’ont obtenu chacun qu’environ 47 %.

Le président du conseil d’administration, Albert Manifold, qui a pris ses fonctions en octobre, a tenté de se justifier en déclarant que toutes les décisions avaient été prises en toute bonne conscience et dans l’intérêt des actionnaires. Mais les actionnaires ne l’ont pas cru — même sa propre réélection n’a recueilli que 82 % des voix, les autres se prononçant contre. C’était un véritable coup de semonce personnellement adressé.

Pourquoi les investisseurs étaient-ils si en colère ? Le fait est que, ces dernières années, BP a nettement pris du retard sur ses concurrents. Le bénéfice pour 2025 s’est effondré de 86 %, tombant à un misérable 55 millions de dollars. Certes, au premier trimestre, on s’attend à un regain de revenus lié au négoce pétrolier en raison de la guerre au Moyen-Orient, mais la situation générale est sombre. L’entreprise a déjà abandonné son ancienne et ambitieuse stratégie climatique et s’est à nouveau concentrée sur les hydrocarbures. Elle a également changé de directrice générale — il s’agit désormais de l’Américaine Meg O’Neill.

Les actionnaires ont été particulièrement outrés par la tentative de la direction d’enterrer discrètement deux anciennes résolutions qui obligent BP à publier certaines données climatiques. L’entreprise les a qualifiées de « dépassées » en raison de nouvelles lois, mais les investisseurs n’ont pas avalé cette excuse. De plus, ils ont bloqué l’idée de tenir les assemblées exclusivement en ligne — visiblement, ils veulent voir les cadres dirigeants en personne lorsqu’ils posent des questions embarrassantes.

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