Le mois de mars de cette année a été le pire mois pour le Livret A depuis 2009 — tel est le constat publié par la Caisse des dépôts (CDC). Tout tient au faible niveau du taux d’intérêt : en février, celui-ci a été abaissé à 1,5 %, ce qui a freiné l’intérêt des épargnants. Sur le seul mois de mars, le retrait net de fonds a atteint 490 millions d’euros, et depuis le début de l’année, l’épargne placée sur ce produit a diminué de plus de 3 milliards d’euros.
Le matelas global reste néanmoins immense : les 58 millions de comptes détiennent encore plus de 446,5 milliards d’euros. Situation similaire pour le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), dont le taux est identique mais le plafond plus bas. Il stagne presque : en mars, il n’a progressé que de 80 millions d’euros, pour atteindre 165,3 milliards d’euros.
Ces deux produits ont perdu la moitié de leur rendement en un an : auparavant, ils rapportaient 3 % par an, contre seulement 1,5 % aujourd’hui. Cette baisse profite à l’assurance vie, dont le rendement moyen estimé par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) est d’environ 2,65 %. Attention toutefois : ce taux ne tient pas compte de la fiscalité qui s’applique aux gains, alors que le taux du Livret A est net d’impôt.
D’ici l’été, la donne pourrait changer sous l’effet de l’inflation — celle-ci a atteint 1,7 % sur un an au mois de mars, d’après l’Insee, en grande partie à cause d’un bond des prix de l’énergie et notamment des produits pétroliers. Le taux du Livret A, qui est révisé à la mi-juillet et dépend en partie de l’inflation, sera très probablement relevé. Plusieurs observateurs du marché tablent sur 1,8 %. Quant au Livret d’épargne populaire (LEP), qui rapporte 2,5 % mais n’est accessible qu’aux foyers aux revenus modestes, il n’a pas non plus rencontré de succès en mars : les retraits y ont dépassé les dépôts de 120 millions d’euros.






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