Wall Street vacille.
En quelques jours seulement, les colosses du crédit privé – Blue Owl, BlackRock, Blackstone, Morgan Stanley et maintenant Cliffwater ont bloqué ou limité massivement les retraits des investisseurs.
Le fonds Cliffwater de 33 milliards de dollars a essuyé des demandes à hauteur de 14 % ; il ne versera que 7 %, le maximum réglementaire. BlackRock a plafonné son fonds HPS à 5 % après des demandes à 9,3 %. Blackstone a dû injecter 400 millions de dollars de capital propre pour honorer les sorties. Morgan Stanley a rendu moins de la moitié des 10,9 % réclamés. JP Morgan, de son côté, durcit ses prêts aux fonds après avoir déprécié des actifs, notamment dans le secteur logiciel menacé par l’IA.
Ce marché, qui a explosé à près de 2 000 milliards de dollars depuis 2008, révèle son talon d’Achille : des actifs illiquides financés par des « investisseurs retail » pressés de sortir en cas de troubles géopolitiques majeurs, comme l’actuelle fermeture du détroit d’Ormuz.
Les prêts surévalués consentis à des entreprises fragilisées s’effondrent en valeur sur le marché secondaire. Les experts parlent déjà de réminiscences de 2008 : rappelons que le gel des fonds BNP Paribas en août 2007 avait précédé la grande crise de six mois.Le cocktail est explosif. Le pétrole a franchi les 100 dollars, voire 119, à cause de la guerre au Moyen-Orient. S’il reste élevé quelques semaines, l’inflation s’emballera, les banques ressereront encore plus le crédit, et la spirale baissière s’accélèrera.
Les États, déjà surendettés, n’ont plus les cartouches de 2008 pour éteindre l’incendie à grands jets d’argent public.
La bulle IA, qui, malgré d’immenses promesses de gains futurs, reste pour l’instant un gouffre financier à court terme, rajoute au cocktail explosif un parfait détonateur.
Des ventes forcées d’actifs pourraient contaminer les banques traditionnelles et provoquer un krach systémique. La récession mondiale n’est plus une hypothèse : elle se dessine sous nos yeux






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