La guerre contre l’Iran épuise les réserves d’armes américaines à un rythme vertigineux. Selon un rapport du Financial Times, les stocks de missiles des États-Unis fondent bien plus vite que prévu. En quelques jours, Washington aurait consommé ce qui équivalait à plusieurs années de munitions stratégiques.

Les premières victimes de cette surconsommation sont les missiles de croisière Tomahawk. Un responsable de la Marine, cité par le journal, parle d’un « usage massif » et estime que la flotte « en subira les conséquences pendant des années ».

Derrière la cascade de tirs, l’addition s’annonce astronomique. En six jours seulement, le conflit aurait déjà englouti plus de 11 milliards de dollars, dont l’essentiel pour les munitions. Pour comparaison, chaque missile Patriot ou Thaad coûte plusieurs millions de dollars, alors que les drones iraniens utilisés en face valent à peine 30 000 dollars pièce.

« Cette équation ne tient pas », a reconnu le sénateur démocrate Mark Kelly, ancien pilote de chasse.

Les chiffres donnent le vertige : 5,6 milliards de dollars dépensés dans les 48 premières heures, soit jusqu’à six fois plus que le coût quotidien du conflit en Irak à son pic. Les économistes militaires craignent que la cadence actuelle dépasse largement la capacité de production de l’industrie américaine.

La facture militaire, ajoutée à la flambée des prix du pétrole, met la Maison Blanche sous forte pression. En pleine année électorale, le président Donald Trump doit faire face à un Congrès divisé. Les républicains les plus conservateurs refusent déjà tout « chèque en blanc », tandis que plusieurs élus démocrates jugent l’opération juridiquement illégale.

Le Pentagone préparerait une demande de rallonge budgétaire de 50 milliards de dollars — une somme qui promet des débats houleux au Capitole.

Reconstituer les arsenaux prendra des années. Rien qu’en Tomahawks, l’armée américaine n’en avait acheté que 322 ces cinq dernières années, contre 168 déjà tirés dans les premières 100 heures du conflit actuel. À 3,6 millions de dollars l’unité, chaque missile brûlé laisse une marque durable dans le budget américain.

Les responsables du Pentagone tentent de se montrer rassurants : les États-Unis disposeraient encore de « réserves suffisantes ». Mais les mouvements de matériel et de munitions, qui dégarnissent la Corée du sud par exemple, démontre à quel point la situation est critique et n’avait pas été anticipée.

Si la guerre s’enlise, Washington pourrait révéler des faiblesses au grand jour, face à un Iran qui avait été largement sous-estimé.

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