L’existence d’un passeport autrichien au faux nom, portant la photo de Jeffrey Epstein et une adresse en Arabie saoudite, a de quoi sidérer.
Découvert en 2019 dans un coffre-fort de son manoir new‑yorkais, aux côtés de liasses de cash et de dizaines de diamants, il raconte une autre histoire que celle d’un simple financier, par ailleurs pédocriminel.
Ce passeport, délivré en 1982, aurait servi à voyager au Royaume‑Uni, en France, en Espagne, mais aussi en Arabie saoudite.
Le domicile saoudien déclaré sur ce passeport, à Dammam, ville frontalière avec l’émirat du Bahreïn, ouvre une fenêtre troublante sur l’ancrage moyen‑oriental d’Epstein, à une époque où la région était frappée par la guerre Iran‑Irak et voyait s’établir la consolidation de la puissance saoudienne, via des achats massifs d’armement.
Les avocats d’Epstein avaient expliqué lors de l’instruction que ce document était un simple outil de « protection personnelle », destiné à être brandi face à d’éventuels terroristes hostiles à un riche Juif voyageant au Moyen‑Orient.
Une justification fragile, d’autant que les procureurs ont démontré que le passeport avait bien été utilisé lors de passages de douanes, car comprenant de multiples tampons d’entrée et de sortie. À quoi a donc pu servir ce faux passeport, fabriqué si soigneusement qu’il a trompé des services de contrôle aux frontières en Europe comme dans les pays du Golfe persique ?
Les articles de la presse américaine soulignent que les enquêteurs se sont demandé, sans apporter de réponses, quelle autorité l’avait délivré ou fabriqué, et si Epstein pouvait compter sur la protection d’un État étranger ou d’un réseau lié à des services de renseignement.
Un tel document offrait, en tout cas, une capacité de déplacement discrète dans des zones sensibles, au croisement des flux d’armes, d’argent et d’influence où gravitent marchands interlopes, intermédiaires et services secrets.
Qu’il ait servi à sécuriser des rencontres avec des personnages rechignant à rencontrer officiellement Epstein, à acheminer des fonds secrets ou simplement à garantir une couverture en cas de scandale, ce passeport fait apparaître Epstein moins comme un riche prédateur sexuel isolé que comme un agent d’un service secret, le plus probable étant le Mossad.






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