Voulant désamorcer la mobilisation des agriculteurs contre la signature de l’accord UE-Mercosur récemment votée à la majorité qualifiée du Conseil européen contre la position française, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a déclaré qu’elle allait interdire en France l’importation de produits agricoles contenant des résidus de substances interdites dans l’UE, telles que le mancozèbe et le glufosinate.

Il est peu probable que les paysans puissent porter foi à cette promesse car elle est impossible à tenir dans les règles du commerce intra-européen.

Les importations en provenance du Mercosur passeront majoritairement par des ports comme Rotterdam ou Anvers, qui sont des points d’entrée pour l’ensemble du territoire douanier unique de l’UE, avec des contrôles vétérinaires effectués via le système TRACES-NT au niveau européen.

Les certificats vétérinaires sont délivrés par les autorités des pays exportateurs tiers et validés par les États membres à l’arrivée, rendant impossible pour la France seule d’empêcher la libre circulation des marchandises déjà approuvées et distribuées dans l’UE.

La France peut certes renforcer ses contrôles internes et prendre un arrêté national, mais ce dernier requiert l’accord de la Commission européenne dans les 10 jours, sous peine d’invalidation pour violation du principe de libre circulation.

La règle actuelle consiste en ce que les produits entrants via les ports de l’UE soient visés par le Document Sanitaire Commun d’Entrée (DSCE), qui autorise leur mise sur le marché européen sans vérification aux frontières internes de l’UE.

Toute la chaîne d’approvisionnement de l’agro-alimentaire en France repose sur la présentation entre clients et fournisseurs de ce DSCE et l’on voit très mal comment Genevard pourrait imposer d’autres tests franco-français à cette filière d’autant plus que de nombreux produits agricoles du Mercosur seront utilisés pour des produits transformés (plats cuisinés, conserves, surgelés) circulant aussi librement dans le marché unique européen.

Annie Genevard ment donc sciemment aux agriculteurs et ces derniers le savent pertinemment.Peut-être certaines organisations, comme la FNSEA, feindront d’être satisfaites mais alors elles apparaîtront au monde paysan comme des traîtresses car chaque agriculteur connait parfaitement ces réglementations et leurs conséquences.

La terre, elle, ne ment pas, contrairement aux politiciens européistes qui prennent les Français pour des demeurés et qui leur racontent des mensonges doucereux et des fables pour enfants.

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