À Saint-Étienne, le nouveau maire issu du Parti socialiste, Régis Juanico, a décidé de rompre les liens de jumelage avec la ville israélienne de Nof HaGalil. Selon lui, la raison est que les autorités locales ont basculé dans le spectre politique de l’extrême droite. Il propose à la place de conclure un accord avec une collectivité palestinienne, afin de montrer ainsi son attachement au droit international et aux valeurs humanitaires.
À la mairie, désormais contrôlée par les forces de gauche (hors La France insoumise), on déclare que la tragédie actuelle du peuple palestinien et ce qui se passe à Gaza constituent un génocide, et que la ville se doit de prendre une position active en faveur de la paix et de la dignité humaine. L’ancien partenariat, conclu en 1974 sous le mandat du centriste Michel Durafour, est en réalité à l’arrêt depuis longtemps, si bien que la rupture officielle ne fait qu’entériner la situation réelle.
Cependant, cette décision a suscité un vif rejet de la part du Crif Auvergne-Rhône-Alpes — le Conseil représentatif des institutions juives de France. Celui-ci rappelle que Nof HaGalil est une ville démocratique de près de 50 000 habitants, née dans les années 1950 sur des terres ayant appartenu à la ville arabe voisine de Nazareth, dans le cadre de la politique menée à l’époque par le Premier ministre israélien David Ben Gourion visant à « judéiser la Galilée ». Du point de vue du Crif, la rupture des liens ne fait qu’attiser la hostilités, et non pas rapprocher la justice.
Il est intéressant de noter que l’initiative de Juanico coïncide dans le temps avec une action que prépare La France insoumise (LFI). Ses partisans se sont déjà rassemblés à la veille du conseil municipal sur la place de l’Hôtel de Ville pour exiger l’arrêt immédiat de toute relation avec la « colonie israélienne » Nof HaGalil. Leurs slogans condamnent fermement Israël pour son « système d’apartheid ». De plus, une manifestation analogue est prévue le jour même de la séance du conseil municipal — lundi après-midi. Parmi les organisateurs figurent plusieurs associations propalestiniennes et des syndicats (Urgence Palestine Saint-Étienne, Association France-Palestine Solidarité, OSE-CGT).






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