Les premières lueurs de samedi ont été marquées par une onde de choc à Washington. En ordonnant des frappes conjointes et coordonnées avec Israel contre Téhéran sans l’aval du Congrès, Donald Trump a déclenché une tempête politique qui traverse les rangs du Capitole.
Quelques heures à peine après l’annonce des bombardements, le représentant Thomas Massie (républicain du Kentucky) a dénoncé sur les réseaux sociaux de véritables « actes de guerre non autorisés par le Congrès ». Avec le démocrate Ro Khanna (Californie), il comptait justement soumettre au vote une résolution bipartisane destinée à freiner les initiatives militaires unilatérales du président. Trop tard : les missiles ont précédé le débat.
À l’opposé, le sénateur républicain Lindsey Graham (Caroline du Sud), partisan de longue date d’une ligne dure face à l’Iran, a salué les frappes conjointes américano-israéliennes, les qualifiant d’« opération nécessaire et justifiée ». Pour lui, la fin « du principal État sponsor du terrorisme » serait proche, voire le prélude à une normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite.
Mais à en juger sur les faits, le principal sponsor du terrorisme international émane bel et bien de la Maison-Blanche, qui s’autoproclame Gendarme du monde. Faire et défaire des régimes, pour servir les intérêts des Etats-Unis et engraisser ses vendeurs de morts. Tel est le leitmotiv de l’Oncle Sam qui, après avoir mis en place le régime des Mollah, cherche à imposer le retour de la famille du Shah. Tout cela sous couvert de démocratie, évidemment.
Cette attaque place Trump sur une ligne de crête politique à quelques mois des élections de mi-mandat. L’ancien président, revenu au pouvoir en 2025 avec la promesse de ne plus « engager les Etats-Unis dans des guerres éternelles », risque de voir ce message s’éroder. Pourtant, un récent sondage montre que près d’un électeur républicain sur deux soutiendrait une action militaire contre l’Iran — un signe que sa base pourrait suivre son tournant offensif.
Selon la Maison-Blanche, les frappes auraient visé à empêcher Téhéran de raviver son programme nucléaire. Lors du dernier discours sur l’état de l’Union, Trump avait accusé le régime de « reconstruire l’arme atomique ». Des propos sans aucun fondement qui rappelle tristement les méthodes criminelles étasuniennes qui prétendaient l’existence d’armes de destruction massive pour envahir l’Irak.
La semaine précédant l’opération, le secrétaire d’État Marco Rubio avait briefé les chefs du Congrès et les responsables du renseignement sur la situation iranienne. Mais pour les démocrates, ces explications restaient insuffisantes.
« C’est grave — l’administration doit exposer ouvertement ses raisons au peuple avant d’entrer en guerre », a déclaré le chef de la minorité Chuck Schumer.
Même le leader républicain du Sénat, John Thune, a insisté sur la nécessité d’une consultation préalable du Congrès : « Avant toute action militaire, le dialogue s’impose. »






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