Une rubrique se penchant sur un phénomène de société brûlant et qui malgré les scandales par dizaines, n’a pas trouvé de solutions. Il faut dire que tous ceux qui sont partis en croisade contre les pédocriminels et agresseurs sexuels ont trouvé devant eux l’obstacle… du régime, des puissants, d’une Justice molle, coupable et parfois complice. Médias et politiques font la sourde oreille, ou du moins le service minimum, tandis que les activistes ont été qualifiés de complotistes, de fous furieux, de menteurs… Certains ont été persécutés et les affaires ont pourtant démontré l’incurie des politiciens, la bassesse de la Justice, jusqu’à la compromission… jusqu’au crime.
Tous les milieux de pouvoir sont impliqués, avec des ponts s’établissant entre des personnalités de la culture, du cinéma, de la TV, des arts, du Show-business ou du monde politique, celui de la finance et des ultrariches. Depuis l’offensive pédophile dans les années 70-90, avec l’aide de médias comme les journaux Libération et Le Monde, sans parler de la TV française, des noms ont martelé l’actualité, rejoints par ceux des agresseurs sexuels, des violeurs.
Ils sont légions, ils sont puissants, ils sont riches et si certains sont rattrapés par leurs crimes, beaucoup sont encore dans l’impunité. Tous les ans les affaires dégoulinent dans les faits divers, mais le système résiste, une force inouïe dans l’immobilisme, effrayé de devoir rendre des comptes… où que l’on fouille plus profond… plus loin, jusqu’au plus haut niveau de l’État.
Aujourd’hui j’aborderai le cas de Stéphane Trompille, un sinistre macroniste, alors que le parti présidentiel a livré son lot de criminels de ce type. C’est l’histoire banale d’un homme dévoré par l’ambition, sortie de la Gauche Caviar qui n’hésita pas à trahir sa famille politique et fut l’un des macronistes de la première heure… Il fut député à l’Assemblée nationale et condamné pour harcèlements sexuels, se révélant être un sexiste lubrique et oppressant, ayant fait au moins deux victimes dans son équipe parlementaire. Voici Trompille, « l’homme nouveau », un triste exemple parmi des centaines…



Mais qui est Stéphane Trompille ? Il naquit à Bourg-en-Bresse le 1er décembre 1982, alors que ses origines familiales et son parcours d’études n’est pas connu. Toujours est-il qu’il fut recruté par le Crédit agricole, travaillant comme conseiller clientèle pendant de nombreuses années, dans sa ville natale (jusqu’en 2017). Il était entré dans le Parti Socialiste, la Gauche Caviar, dont il était un sympathisant, cependant assez tardivement (2014). Par ce biais, il était devenu un animateur bénévole pour des projets d’aménagements verts à la mairie, des conseils citoyens pour le centre-ville de Bourg-en-Bresse (2015-2017).
Le macroniste de la première heure. Il n’hésita pas à trahir sa famille politique et quitta le PS pour rejoindre le Parti En Marche, dès 2016, défini comme l’un « des marcheurs de la première heure ». L’histoire ne dit pas comment fut-il approché, alors que personne ne connaissait Emmanuel Macron à cette date, ou très peu, même s’il avait été Ministre de l’Économie sous François Hollande. C’est probablement par les réseaux des apparatchiks du parti, qu’il fut approché et convaincu. Il fut nommé référent du parti pour Les Jeunes avec Macron dans le département de l’Ain (2016). Il prit un congé pour mener sa campagne électorale et se présenta aux législatives de 2017. Dans la vague délirante qui déferla sur le pays, bien que sorti de nulle part, il fut élu au second tour, face à une candidate du Front National, avec 64,5 % des voix (18 juin 2017). Sa circonscription était tenue par la droite libérale depuis plus de 30 ans. Surfant sur l’idée propagandiste des « citoyens nouveaux », il déclara avant son élection : « Je ne ferai pas carrière en politique et je ne serai pas candidat à ma propre succession ». L’homme était pourtant solidement ancré dans la Gauche Caviar de longue date…


« L’homme nouveau » qui avait goûté au pouvoir. Il fut nommé à la Commission de la Défense nationale et des forces armées, ce qui signifie peut-être qu’il eut un passé militaire. Il fut secrétaire du Groupe d’études Véhicules terrestres (2018-2022), corapporteur de la Mission d’information sur le secteur spatial de défense (2018-2019), membre du Groupes d’études Cybersécurité, Jeux vidéo, Fin de vie, Condition animale, Sapeurs-pompiers volontaires, etc. (2018-2022), vice-président du Groupe d’amitié Franco-Suisse (2017-2019), membre des groupes d’amitiés avec les USA, la Norvège, l’Arménie, la Slovaquie, Madagascar et quelques autres encore (2017-2022). Ses débuts à l’Assemblée nationale furent définis comme « difficiles », alors que le média local Le Progrès fit sa promotion déclarant : « qu’il avait pris la mesure du poste après des débuts difficiles et était devenu un député travailleur et à l’écoute de son territoire » (mars 2022). Une déclaration sidérante, indiquant qu’il n’avait pas conscience ni de la fonction, ni du sacerdoce qu’elle demandait… Le journal se déshonorait d’ailleurs à faire sa promotion, car depuis plusieurs années, l’homme était touché par une sombre affaire judiciaire pour des faits de harcèlements sexuels… Malgré sa promesse de 2017 de ne pas se représenter, assoiffé de pouvoir, il se déclara candidat à sa réélection (février 2022), « quoi qu’il en coûte »… Le parti présidentiel lui avait en effet retiré son soutien (mai 2022), en raison de sa procédure judiciaire, mais cela ne l’impressionna pas, il s’entêta dans une candidature sans étiquette. Il trouva encore 9,4 % d’électeurs pour voter pour lui, là encore un fait incroyable, mais fut éliminé au premier tour, finissant 5e (12 juin 2022).
L’affaire Stéphane Trompille. Lors de son élection à l’Assemblée nationale, il avait embauché une jeune femme (juin 2017), qui fut victime pendant 7 mois de ses pressions, de « propos sexistes et salaces », d’allusions sexuelles de bas étage, de considérations lubriques. Il lui envoyait des messages terrible, comme celui-ci : « tu bosses ou tu te touches là ? », alors que la jeune femme sombrait dans la déprime : « un mal être accompagné de stress et de perte de poids ». Le jeune femme demanda un rendez-vous à la médecine du travail (janvier 2018), mais le député déclencha une procédure de licenciement contre elle pour « insuffisance professionnelle » (février 2018). Ni tenant plus, la jeune femme quitta son poste et porta une plainte devant le Conseil des Prud’hommes de Bourg-en-Bresse. Le Conseil des Prud’hommes le jugea coupable de harcèlements sexuels, de licenciement abusif, lequel fut annulé et à 20 000 euros de dommages et intérêts (mai 2020). Le Parti LREM lui demanda de se mettre en retrait du groupe parlementaire présidentiel (2020). Cependant le parti refusa de l’exclure de ses rangs… mais lui refusa comme on l’a vu son investiture aux législatives de 2022. N’ayant aucune limite, il préféra se pouvoir en appel, mais la Cour d’appel de Lyon confirma le premier jugement (15 septembre 2023). La cour déclara : « son licenciement est nul en ce qu’il avait uniquement pour but de sanctionner le témoignage de faits de harcèlements sexuels dont a été victime une autre salariée, et à titre subsidiaire dépourvu de cause réelle et sérieuse ».



Épilogue : Condamné pour ces faits infamants, il quitta l’Assemblée nationale le 21 juin 2022, « l’homme nouveau » retournant à l’anonymat où il aurait toujours du rester… Il n’y a pas d’informations sur ce qu’il fit ensuite, s’il préféra fuir sa région, retourna au Crédit agricole, disparaissant totalement des radars. Tous ses réseaux sociaux devinrent à cette date inactif, dont Twitter… Pendant son activité de député, il avait été membre de la délégation parlementaire auprès de l’OTAN… Après la confirmation de sa condamnation définitive (15 septembre 2023), cette dernière ne donna pas lieu à une réaction de sa part, fuyant littéralement les caméras et se terrant ensuite quelque part. Le journal Le Progrès qui fit son éloge quelques mois auparavant (mai 2022), sans doute par « un copain journaliste » se garda bien de commenter le fait divers… Il est intéressant de noter que dans le site Internet du journal, le moteur de recherche ne retrouve plus rien sur Stéphane Trompille… tout a été effacé ! Le média étatique France Info Auvergne-Rhône-Alpes communiqua toutefois le résultat de son condamnation, mais 8 jours après cette dernière (28 septembre 2023). Le journal Lyon Capitale fut encore plus long à réagir, selon le 8 octobre… Depuis Stéphane Trompille est aux abonnés absents. Il était dit qu’il était marié, avec un enfant, son couple n’ayant peut-être pas résisté à l’avalanche, alors qu’il est désormais dans les limbes de l’oubli.






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