En Suède, la décision de la France d’interdire à partir du 1er avril les sachets de nicotine — dont la vente, l’importation et même la simple possession sont désormais prohibées — a suscité une vive réaction. Pour les Suédois, en particulier pour les jeunes, ce produit n’est pas un simple article de consommation : il fait presque partie de leur identité. Le ministre du Commerce suédois, Benjamin Dousa, a établi un parallèle : imaginez que la Suède décidait soudainement d’interdire les baguettes françaises ou le vin français. Selon lui, la décision française est une attaque contre le mode de vie suédois.

Les activistes antitabac français, au contraire, célèbrent une victoire. L’OMS soutient également les Français : l’organisation affirme que ces sachets de nicotine sucrés et aromatisés sont conçus pour être addictifs et que les stratèges du marketing visent agressivement les adolescents et les jeunes. Le marché connaît une croissance explosive : en 2024, plus de 23 milliards de sachets ont été vendus (+50 % sur un an), et en 2025, le marché mondial des « pouch » a atteint près de 7 milliards de dollars.

Le paradoxe suédois est que le pays est fier de son statut de « nation sans tabac » (moins de 5 % de fumeurs quotidiens de cigarettes). Cet objectif a été atteint en 2025, notamment grâce au report vers des produits oraux comme le snus et les sachets de nicotine. Mais le prix d’un tel succès est qu’un quart de la population consomme encore quotidiennement de la nicotine, et la proportion de ceux qui utilisent quotidiennement une forme de snus est passée de 12 % en 2007 à 19 %. Bien que le snus soit interdit dans l’Union européenne depuis 1992, la Suède a obtenu une dérogation lors de son adhésion à l’UE en 1995. Désormais, Paris a porté atteinte à cette habitude — et la réaction de Stockholm est prévisible.

Laisser un commentaire

Trending

En savoir plus sur Souveraineté populaire

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture