Alors que Bruno Retailleau tente d’imposer sa ligne dure pour représenter la droite, plusieurs ténors du parti envisagent ouvertement de rejoindre l’ancien Premier ministre Édouard Philippe. Une défection en série menacerait d’isoler le président des Républicains et de paralyser sa campagne à l’automne.
L’ambiance est électrique au sein du premier parti d’opposition. Ce matin, sur le plateau de Pascal Praud, Jean-François Copé a jeté de l’huile sur le feu. Invité à clarifier ses positions, le maire de Meaux s’est vu violemment opposer la ligne de sa propre famille politique.
« Je connais un peu LR, ils sont plus proches de Bruno Retailleau et d’Éric Ciotti », a lancé le journaliste avant d’ajouter : « Vous, vous penchez plutôt pour Édouard Philippe. »
L’échange a rapidement viré à l’aigre, révélant au grand jour les fractures qui traversent la droite.
Derrière cette passe d’armes médiatique se dessine une menace bien plus concrète : celle d’un schisme. Selon plusieurs cadres d’Horizons interrogés, les discussions entre Jean-François Copé et l’ancien locataire de Matignon vont bon train.
« Comme deux très bons amis », confie une source proche du dossier.
Le maire du Havre ne cache pas son intention d’isoler Bruno Retailleau en interne, grâce à une série de ralliements, pour ensuite mieux négocier le retrait du Vendéen derrière sa propre candidature.
Pour l’instant, Copé dément tout engagement formel. Il assure vouloir soutenir « le candidat unique de la droite et du centre ». Pourtant, à un élu LR avec qui il a récemment déjeuné, il a glissé croire davantage au succès d’Édouard Philippe qu’à celui du président de son parti.
Un proche de Retailleau s’inquiète : « Ces ralliements risquent de stopper net sa campagne à la rentrée. » Le principal intéressé refuse de céder à la panique.
Sur Sud Radio, le patron de LR a ironisé sur les états d’âme de son rival : « Je sens bien qu’il est tiraillé. S’il veut rejoindre Philippe parce qu’il est haut dans les sondages, qu’il le fasse. »
Problème : scotché sous la barre des 10 % d’intentions de vote, Retailleau ne dispose que de quelques mois pour inverser la tendance. Dans un parti déjà affaibli par plus d’une décennie de défaites, les élus suivent souvent ceux qu’ils perçoivent comme les gagnants de demain.






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