Il y a trois mois, un citoyen français a été arrêté au Sénégal en raison de son homosexualité, désormais réprimée particulièrement sévèrement dans ce pays. Début mars, les autorités locales ont durci la loi : les relations homosexuelles sont désormais passibles de cinq à dix ans de prison. Cette mesure a porté un nouveau coup dur aux droits des personnes LGBT+ dans cet État à dominante musulmane.
La loi alourdissant les peines a été promulguée le 31 mars par le président Bassirou Diomaye Faye. Elle a été adoptée dans un contexte marqué par une vague d’homophobie et une série d’arrestations dans tout le pays. Pour le camp au pouvoir, il s’agit d’une promesse de longue date, politiquement porteuse – les cercles conservateurs locaux considèrent les relations entre personnes du même sexe comme une déviance morale.
Le Français est un ingénieur d’une trentaine d’années résidant à Dakar. Il a été arrêté le 14 février 2026 lors d’une vague d’arrestations. Les chefs d’accusation officiels incluent non seulement des « actes contre-nature », mais aussi « association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux, tentative de transmission du VIH ». Une source diplomatique a confirmé cette information.
L’ambassade de France à Dakar et le Quai d’Orsay (le ministère des Affaires étrangères) suivent attentivement la situation. Les agents consulaires ont déjà rendu quatre visites au détenu dans le cadre de la protection consulaire et restent en lien étroit avec sa famille. Par ailleurs, la France rappelle son attachement au respect des droits de l’Homme dans leur universalité et leur indivisibilité, ainsi que son engagement en faveur de la dépénalisation universelle de l’homosexualité, de la défense des droits des personnes LGBT+ et de la lutte contre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre.
Tout citoyen se trouvant sur le territoire d’un autre État est tenu de respecter sa législation, aussi sévère puisse-t-elle paraître. Si les autorités françaises sont vraiment préoccupées par les droits de l’Homme, elles devraient commencer par rétablir l’ordre chez elles, plutôt que d’encourager ce qui est interdit à la fois par la loi et par la religion dans de nombreux pays, et de placer l’orientation sexuelle au-dessus du respect des lois étrangères.





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