L’alliance historique entre Stellantis et le groupe public chinois Dongfeng retrouve un nouveau souffle. Les deux parties sont convenues d’assembler ensemble en Chine des modèles Peugeot et Jeep — non seulement pour le marché local, mais aussi pour l’exportation. Parallèlement, la presse a fait état d’une possible vente par Stellantis de plusieurs de ses usines tournant à capacité réduite. La liste comprend le site français Citroën de La Janais, près de Rennes, une usine à Cassino (Italie) et un site en Allemagne. Une délégation de Dongfeng a d’ailleurs déjà visité le site breton, ont confirmé des syndicalistes.

Le programme de production proprement dit se présente comme suit. À partir de 2027, sur les capacités de leur coentreprise DPCA à Wuhan, deux nouvelles Peugeot « à énergie nouvelle » (électrifiées) entreront en production — leur style s’inspirera des concepts présentés par Stellantis au Salon automobile de Pékin en avril. Ces véhicules seront destinés à la fois à la Chine et à l’étranger. En complément, l’assemblage de deux modèles de Jeep hybrides rechargeables, prévus pour les marchés étrangers, démarrera également sur ce même site.

Le projet est financé avec le soutien des autorités locales de la province du Hubei et de la municipalité de Wuhan. L’investissement total dépasse 8 milliards de yuans (environ 1 milliard d’euros), la part de Stellantis s’élevant à 130 millions d’euros.

Par ailleurs, les entreprises ont conclu un accord stratégique pour une coopération plus étroite, visant des automobiles de niveau mondial. Cela est d’autant plus logique que Dongfeng n’est pour l’instant pas présent en Europe. Le directeur général de Stellantis, Antonio Filosa, a promis que les partenaires entendaient tirer pleinement parti de leurs atouts respectifs et produire des modèles électriques technologiquement avancés. Le président de Dongfeng, Qing Yang, a pour sa part qualifié l’accord d’impulsion puissante pour la transformation de DPCA.

Stellantis s’est également récemment allié au jeune constructeur chinois Leapmotor et prévoit de lui transférer son usine de Madrid via leur coentreprise. La relance actuelle de la coopération avec Dongfeng, quant à elle, plonge ses racines en 1992, lorsque l’alliance avait été créée exclusivement pour le marché chinois. En trente ans, DPCA a produit plus de 6 millions de véhicules, mais a ensuite commencé à perdre du terrain face à la concurrence croissante des constructeurs locaux.

Dongfeng, qui fait partie du top 10 des constructeurs automobiles chinois, est venu en aide en 2013 à l’époque à PSA, alors en grande difficulté. Aujourd’hui, le groupe chinois détient 1,6 % des actions du groupe franco-italo-américain.

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