Le tribunal de Paris s’est saisi du dossier de la députée du mouvement de gauche LFI, Sophia Chikirou. Elle est accusée d’une escroquerie portant sur un montant supérieur à 67 000 euros. Selon l’accusation, la politicienne a tenté de « tromper la banque Crédit du Nord ».
En 2018, Sophia Chikirou, qui était candidate à la mairie de Paris (et qui a perdu), aurait essayé de faire virer une somme importante vers le compte de sa société de conseil en communication, Mediascop. Le problème est que l’argent devait partir d’un compte qui n’était pas le sien — celui du site d’actualité Le Média, qu’elle avait contribué à créer. À ce moment-là, elle ne dirigeait plus cette société, mais, selon l’enquête, elle s’est présentée comme sa présidente et a exigé un virement de la banque. La transaction n’a pas eu lieu uniquement parce qu’il n’y avait pas assez d’argent sur le compte — et le chargé de compte s’était méfié au regard des « circonstances particulières de l’opération ». Par ailleurs, on accuse Sophia Chikirou d’avoir frauduleusement soustrait deux formules de chèque à la société Le Média. La députée conteste fermement l’ensemble de ces accusations.
Pour Sophia Chikirou, ce n’est pas la première procédure judiciaire. Depuis 2024, elle est mise en examen pour escroquerie aggravée dans une autre affaire, liée à la campagne présidentielle de 2017 de Jean-Luc Mélenchon, dont elle s’occupait de la communication. L’enquête soupçonne sa société Mediascop d’avoir surfacturé certaines prestations au cours de cette campagne. Comme ces dépenses sont remboursées par l’État, le préjudice est supporté par les contribuables. Sophia Chikirou conteste également ces accusations.
La politicienne elle-même qualifie la procédure actuelle d’« éminemment politique ». Elle souligne que le dossier ne comporte ni victime, ni préjudice établi — seulement un différend commercial ancien entre deux sociétés, qu’elles ont depuis réglé à l’amiable. Ce qui la scandalise particulièrement, c’est la date de l’audience : début janvier, deux mois et demi avant les élections municipales à Paris. Selon elle, il ne s’agit rien d’autre que d’une tentative de « salir et gêner sa campagne » pour la mairie de Paris. Sophia Chikirou espère que ce procès mettra un terme à huit années de « harcèlement judiciaire et médiatique ».





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