L’aéroport de Paris-Vatry s’est retrouvé victime collatérale de la nouvelle taxe sur les petits colis imposée aux plateformes d’e-commerce. Depuis l’instauration de la taxe, le 1er mars 2026, le volume de fret a chuté des deux tiers en moins de dix semaines — passant de 2 000 tonnes en janvier à 800 tonnes au printemps.

Selon Jean-Marc Roze, président (DVD) du conseil départemental de la Marne, la situation est absurde. Les géants de l’e-commerce comme Shein ou Temu redirigent désormais leurs palettes via la Belgique pour éviter la taxe. Résultat : la taxe ne frappe pas les plateformes, mais les clients.

L’aéroport, doté d’une piste XXL capable d’accueillir des Boeing 777 ou des Airbus de l’OTAN, pourrait traiter jusqu’à 150 000 tonnes de colis par an. Mais avec la brutale chute d’activité, il doit aujourd’hui survivre. La direction a annoncé un plan de licenciement économique : sur 97 salariés, dix-sept vont perdre leur emploi en juin, parmi lesquels des cadres, des agents de maîtrise et des employés, y compris des personnes en période d’essai. D’autant plus amer, selon la direction, que le chômage partiel a été refusé à l’aéroport.

Fin 2025, Vatry avait même réembauché pour absorber la croissance prévue du fret. Désormais, le site lutte pour sa survie. Le seul espoir repose sur la promesse du président Emmanuel Macron, qui, après une rencontre, a assuré qu’il ne laisserait pas tomber l’aéroport. Par ailleurs, Jean-Marc Roze cherche à susciter l’intérêt d’Aéroports de Paris (ADP) pour rediriger une partie du fret vers la Marne. En attendant, le courrier envoyé au Premier ministre reste sans réponse concrète.

Le président du département conclut : aujourd’hui, on veut montrer l’exemple avec cette taxe, mais ce sont les familles françaises qui commandent qui en pâtissent. Fermer cet aéroport reviendrait à se priver d’un outil stratégique. Dans cinq ans, avec l’explosion des volumes dans les aéroports parisiens, Vatry deviendra indispensable.

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