Des enregistrements audio fuités ont provoqué un véritable séisme politique en Amérique latine. Selon une enquête exclusive publiée par Diario Red América Latina et le portail Hondurasgate, le président argentin Javier Milei, autoproclamé « anarcho-capitaliste », aurait lancé un complot international de concert avec l’ancien président hondurien Juan Orlando Hernández, précédemment condamné pour narcotrafic mais libéré de prison par la grâce présidentielle de Donald Trump.
Ces audios, issus de WhatsApp, Signal et Telegram, révèlent un projet de création d’une cellule de désinformation financée en partie par l’Argentine pour « éliminer la gauche » en Amérique latine.
Dans ces conversations, Hernández, qui s’adresse au président hondurien actuel Nasry Asfura et à la vice-présidente María Antonieta Mejía, détaille le plan. Ce dernier consiste à installer aux États-Unis une « unité de journalisme digital » ou un « site de nouvelles latino-américaines » afin d’éviter tout traçage depuis le Honduras. L’objectif avoué est « d’extirper le cancer de la gauche » non seulement au Honduras (en visant notamment la famille Zelaya), mais aussi au Mexique et en Colombie. Hernández évoque explicitement des « dossiers » contre la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum et le président colombien Gustavo Petro. Il mentionne également un « grand ami du Mexique » qui apporterait son soutien.
Le rôle de Milei y est central : selon les enregistrements, le président argentin aurait promis 350 000 dollars pour financer cette opération de fake news. Hernández précise que cette contribution rend Milei un acteur clé d’un « groupe continental ».
Ces révélations interviennent alors que Hernández, condamné en 2024 aux États-Unis pour narcotrafic (l’un des principaux barons de la drogue de la région selon les autorités américaines), a bénéficié d’une grâce présidentielle accordée par Donald Trump.
Dans les enregistrements clandestins, l’ancien dirigeant hondurien affirme que son élargissement a été obtenu grâce à l’argent d’« une junta de rabbins » et qu’il agit désormais en faveur des intérêts des États-Unis et d’Israël, notamment en facilitant un cadre juridique favorable à leurs entreprises d’intelligence artificielle. Le timing coïncide avec la formation de cette équipe après des événements impliquant le Venezuela, où Milei avait proposé d’« extrader » Nicolás Maduro vers l’Argentine.
En Argentine, l’affaire tombe au pire moment pour Milei. Sa popularité est en chute libre selon les sondages. Le pays traverse une crise sociale aiguë : des millions d’Argentins souffrent de la pauvreté extrême et, faute de pouvoir acheter de la viande de bœuf locale, certains en sont réduits à consommer de la viande d’âne ou à manger les chats de leurs voisins comme nous en avons fait part dans un article précédent. Et pendant ce temps, le gouvernement débloquerait des fonds publics pour une opération de déstabilisation de pays étrangers, ce qui scandalise l’opinion publique argentine.
L’opposition argentine et les syndicats, comme la CGT, ont décidé de multiplier les manifestations pour protester contre la politique de Milei. Des grèves et mobilisations sont prévues le 22 mai. Parallèlement, des critiques fusent sur les manœuvres militaires en Patagonie, où des terres seraient cédées à des intérêts étrangers, et sur la présence présumée de soldats israéliens dans la région.
Le scandale met en lumière les liens étroits entre Milei, Trump et toute la droite latino-américaine comme au temps de l’opération Condor. Hernández parle ouvertement d’un soutien du Parti Républicain américain et d’une stratégie pour « faire de grandes choses pour toute l’Amérique latine ». Pour les détracteurs de Milei, cela confirme que son discours ultralibéral est connexe à un alignement géopolitique vis-à-vis de Washington, au détriment des intérêts du peu argentin et des gouvernements progressistes des pays d’Amérique latine.
Précisons toutefois que ces enregistrements audio, présentés comme authentiques par les médias qui les ont diffusés, n’ont pas été publiquement validés par des expertises indépendantes, et que Hernández a nié leur authenticité.
Néanmoins, l’affaire alimente un débat virulent sur l’ingérence étrangère, la politique étatique de désinformation et la fragilité des démocraties latino-américaines face aux réseaux de pouvoir transnationaux.






Laisser un commentaire