Depuis bientôt quatre ans, la version dominante sur le massacre de Boutcha est la suivante : surprises par la vigueur de la contre-offensive ukrainienne en mars 2022, les troupes russes se sont livrées à des exactions ignobles contre la population civile de la petite ville de Boutcha, avant d’être obligées de l’évacuer et de laisser ainsi le monde entier découvrir l’horreur d’un massacre motivé par la simple haine des Ukrainiens.

Ce massacre sera illustré par des images de cadavres, un peu plus d’une vingtaine, jetés ça et là le long de la rue principale de la ville, diffusées le 3 avril 2022 suite à leur découverte le soir du 2 avril.

Ces cadavres avaient les mains attachées dans le dos et portaient tous un signe distinctif : un brassard blanc.

La mise à jour de fosses communes s’ensuivra dans les semaines suivantes portant le nombre de victimes à 458.

S’il n’est bien-sûr pas l’objet de notre article que de contester les horreurs de la guerre, il nous faut toutefois pointer quelques incohérences chronologiques dans le récit donné en pature aux opinions publiques occidentales.

Rappelons les faits : les Russes ont évacué Boutcha le matin du 30 mars 2022 après une série de combats acharnés. L’armée ukrainienne, n’ayant pas la certitude de cette évacuation a toutefois continué de bombarder la ville le 31 mars avant de pénétrer le 1er avril dans ses faubourgs puis d’annoncer triomphalement sa libération via le maire de la ville, Anatoli Fedoruk.

Au moment de cette annonce joyeuse, Fedoruk ne mentionne nullement un quelconque massacre ni la présence de cadavres exécutés le long de la rue principale de sa ville.

Le 2 avril au matin, la presse ukrainienne indique que le régiment Safari « spécialisé dans le nettoyage des saboteurs et des complices des Russes » est présent à Boutcha.

Ce même article ne fait nullement mention d’une quelconque découverte de corps le long de la rue principale de Boutcha.

Le 2 avril au soir, les cadavres sont découverts et les images circulent abondamment dès le lendemain dans le monde entier.

Pourtant, un reporter de guerre du New York Times, Daniel Berehulak, était entré le matin du 2 avril dans Boutcha pour interroger la population et n’avait fait aucune allusion à un massacre dans son papier du même jour.

On est donc en droit de s’interroger si la vingtaine de victimes exécutées les mains liées dans le dos n’étaient pas des « collaborateurs pro-russes » qui auraient été « nettoyés » par le régiment Safari avant d’être présentés au public comme des victimes des Russes.

Ce procédé avait déjà eu lieu au Kosovo en 1999 où des cadavres de Serbes exécutés par l’UCK avaient été présentés comme des Kosovars victimes de la barbarie serbe.

Pour soutenir la thèse d’une exaction russe précédant l’évacuation de la ville par l’armée russe, les Occidentaux ont présenté des photos satellites prétendument datées du 17 mars où l’on voit les corps le long de la rue.

Mais cette datation pose problème : des corps à l’air libre au moment du redoux ne peuvent rester une quinzaine de jours sans porter des traces évidentes de putréfaction et de dégradation par les charognards comme les rats et les corbeaux. Or, les rares images ne semblent pas corroborer ce fait.

Enfin, une unité de la police scientifique de la Gendarmerie nationale française a été dépêchée sur place pour étudier les corps et les indices alentours.

Près de quatre ans après ce drame, les conclusions de son enquête n’est toujours pas rendue publique.

Serait-ce parce qu’elle met à mal la chronologie des faits ?

Laisser un commentaire

Trending

En savoir plus sur Souveraineté populaire

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture